lundi 30 juin 2008

La Mauritanie monte en impuissance


Les Mourabitounes ont été laminés ce dimanche à Addis-Ababa par les Ethiopiens qui se sont imposés par le score sans appel de 6 à 1. L’ampleur de la défaite nous ramène 24 ans en arrière exactement en 1984 lorsque le Sénégal nous a administré une défaite similaire à Freetown (Sierra Léone) lors du tournoi amical Amilcar Cabral. Pourtant on croyait que les vieux démons étaient définitivement enterrés et plus personne ne nous humiliera.

Malheureusement, le terrain nous ramène à la réalité parce que les Mourabitounes ont enregistré 4 défaites en 4 sorties dans le cadre des éliminatoires combinés CAN/Coupe du Monde 2010. Ils ont encaissé 14 buts et n’en ont marqué que 2. C’est dire qu’ils sont vraiment les derniers de la classe sans aucune contestation. Pourtant à l’annonce de la composition des poules des éliminatoires, l’espoir était permis et tout le monde pensait à une possible qualification pour la Coupe d'Afrique des Nations en qualité de meilleur deuxième. C'était le calcul que l'on faisait entre sportifs. On se disait : « mis à part le Maroc, le Rwanda et l'Ethiopie étaient à notre portée et que notre objectif est d'abord de s'imposer devant ces équipes à domicile pour ensuite aller négocier à l'extérieur ».

Une logique qui tient pour une équipe qui connait ses capacités, ainsi que celles de ses adversaires et dont les responsables ont des plans très clairs et précis. Alors qu’est ce qui s’est réellement passé pour que l’on se retrouve dans la situation actuelle ? Qu’est ce qui n’a pas été fait ? Avons nous réellement une équipe nationale digne de ce nom ? Autant de questions qui méritent réflexion.

Nous n’avons pas d’équipe A

Cependant, la dernière question semble la plus simple à répondre parce que nous n’avons pas une équipe nationale digne de ce nom et les faits sont clairs et parlants :

D’abord sur les collines de Kigali, les Mourabitounes ont laissé des plumes devant une équipe qui s’est avérée largement supérieure en menant les débats du début jusqu’à la fin de la rencontre. Ni Dahmed Ould Teguédi, ni Yohan Langlet, ni Souleimane Diallo, n’ont pu faire quelque chose devant une équipe motivée et surtout engagée. A Kigali, les Mourabitounes n’ont pas seulement perdu par 3 à 0, mais aussi 50% de leur potentiel avec la blessure de Souleimane Diallo. D’autre part, les joueurs amenés à de lourds frais de l’étranger se sont avérés des joueurs de seconde zone qui n’ont à faire dans une équipe nationale. Tout cela a été mis sur le compte de la recherche d’une équipe compétitive qui tire sa source de joueurs professionnels et les sportifs ont resserré les rangs autour de l’équipe en attendant le second match, espérant que la trajectoire sera corrigée.

La dure réalité du terrain

Ensuite c’était le premier match à domicile contre les Lions de l’Atlas et l’on croyait toujours à un sursaut d’orgueil de nos représentants. Des comités de supporters ont fleuri de partout pour encourager l’équipe en considérant toujours qu’il s’agissait d’une erreur de parcours, selon les arguments de l’ancien entraîneur des Mourabitounes, Alain Moizan qui avait déclaré «qu’il s’agissait d’un naufrage collectif du essentiellement au long voyage et aux conditions climatiques ». Donc pour le match contre le Maroc, les supporters y croyaient encore. Cependant après seulement 10 minutes de jeu et l’ouverture du score par les Marocains qui donnaient l’impression de jouer réellement à domicile, les doutes ont resurgis pour laisser place à une très grande déception et surtout une très grande colère à l’encontre des responsables de la Fédération.

Le départ d’un entraîneur et l’arrivée d’un nouveau

Après cette défaite et sous la pression de l’opinion sportive, l’entraîneur Alain Moizan et l’ensemble de son staff ont été remerciés et Mohamed Salem Ould Harouna dit Sneidry, le directeur technique national, a été chargé d’assurer l’intérim et de préparer le match contre l’Ethiopie. Il faut dire que le départ de l’entraîneur s’imposait, seulement était ce suffisant pour booster l’équipe qui n’existe réellement pas parce qu’elle a montré ses limites durant les deux premières rencontres en pêchant dans les différents secteurs de jeu. Pour le match contre l’Ethiopie Mohamed Salem Ould Harouna dit Sneidry fera appel à de nouveaux joueurs comme les frères Sidibé et Ely Cheikh Ould Voulani. Cependant contre une équipe Ethiopienne sympathique et homogène, il ne fera pas mieux qu’Alain Moizan, et perdra sa première sortie à domicile sur le score de 1 à 0. Un score qui ne reflète pas le déroulement de la rencontre parce que les Ethiopiens ont dominé durant toute la rencontre.

L’humiliation en Ethiopie

Une semaine plus tard en Ethiopie, les Mourabitounes remaniés à cause de la défection de nombreux joueurs, sont submergés par les éthiopiens qui se sont imposés 6 à 1. Une défaite humiliante qui confirme la médiocrité de notre équipe nationale et qui nous interpelle tous sur la conduite à tenir. Certains mettront cette déroute sur le compte de l’altitude, mais ce justificatif est aussi valable pour les autres formations. Il faut que nous ayons l’honnêteté de reconnaître que notre équipe nationale est loin d’être prête pour entrer dans l’arène des grands. Le reconnaître nous permettra de repartir sur un bon pied et surtout de mieux préparer l’avenir. Il ne faut surtout pas que l’on continue à entretenir un gouffre financier parce que c’est bien de cela qu’il s’agit.

Prendre les bonnes décisions

Voilà un peu la genèse du parcours des Mourabitounes à deux journées de la fin des éliminatoires combinés CAN/Coupe du Monde 2010. Au niveau de la poule, ils occupent la dernière place et n’ont aucun espoir de se qualifier pour la CAN et encore moins pour le Mondial 2010. Donc finis les espoirs nourris par certains avant le début des compétitions. Aujourd’hui on doit se rendre à l’évidence parce que nous n’avons pas une équipe performante à ce niveau et encore moins de joueurs professionnels « visibles ». Ceux qui le sont n’assument pas totalement leur « mauritanité ». Donc nous devons chercher à former un vrai réservoir que nous aurons sous la main et non des chimères que l’on ne contrôle pas.

Il n y a pas honte à reconnaitre ses erreurs

C’est pourquoi nous devons nous reporter pour un certain temps sur la petite catégorie qui constitue la seule chance des Mauritaniens pour sortir de l’ornière. L’équipe nationale des juniors, qui doit entrer en lice la semaine prochaine en Gambie, doit être la nouvelle rampe de lancement pour un nouveau départ. Avant nous, de nombreux pays ont choisi de prendre du recul par rapport à certaines compétitions pour mieux se préparer en se consacrant à la formation. C’est de ce genre de décision que nous avons besoin pour mieux nous préparer et surtout éviter de nous ridiculiser (n'est ce pas Jah!) parce que c’est le cas actuellement avec les Mourabitounes seniors. Les responsables du football doivent avoir le courage de prendre les mesures qui s’imposent parce qu’il n’est pas honteux de reconnaitre ses échecs sauf bien sur le cas en france.

Le plus dangereux serait de persister sur une voie que l’on sait perdue d’avance.

Zizou

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