dimanche 29 juin 2008

L’homme à la tête des Bleus


Après Jacquet, Lemerre, Santini et Domenech, alors que le plus fameux numéro 10 du foot français pantoufle à l’Euro, que l’ancien canari fait le tour de la Confédération Africaine de Football et dans la perspective d’un Dédé Deschamps amenant dans ses sacs de sport sa cohorte de médecins, préparateurs et parieurs italiens, quelle solution reste-t-il à l’équipe de France comme nouveau sélectionneur, y compris Domenech candidat à sa propre succession ?

Tout dépend du visage que nous voulons voir du foot français. Car on choisit l’homme (ou la femme, mais je ne vois pas de candidate pour cette fois, Mme Bachelot ?) en fonction du projet. Ainsi, à un Domenech transparent a correspondu un équipe de France transparente. Tout comme l’idée de revanche transmise les yeux dans les yeux aux joueurs de France 98. Bon, il est vrai que pour Santini, l’épithète (de mérou) est difficile à cerner. Globuleux ? Laborieux ? Toujours est-il que ses bleus s’exprimaient sur le terrain comme le coach (en français le cotche) devant un micro.

Henri Michel portait et ses joueurs également une sorte de fardeau nommée grosse tête (en anglais big melon) et Platini, bof, décevante. Reste donc à bien cerner l’individu qui cotchera les Bleus pour savoir comment seront ceux-ci. Ce blog au doux titre évocateur se doit de prendre parti dans cette lutte d’opinions qui est en quelque sorte la démocratie participative du football association (en brésilien, Futbol). Nous nous reconnaissons dans les récents propos du substitute filmmaker natif de Harfleur dans le 7-6. La victoire n’est pas une fin en soi sauf pour Adidas qui peut ainsi refourguer les soirs de gala quelques millions de tee-shirts supplémentaires. La victoire n’est pas forcément en nous, mais la recherche du plaisir peut et doit être revendiquée.

Un autre football est possible penchera donc pour le retour de l’humanisme aux commandes du Onze français. Peu de candidats répondent à cet objectif. Certains sont même exclus d’office. Adieu messieurs Courbis, Fernandez…

La filière campagnarde

Le récent néo retraité bourguignon d’Appoigny dans l’Yonne, pourrait être un sérieux candidat pour insufler un esprit de modestie et d’humilité à des joueurs trop riches trop jeunes, adeptes du tuning et de la jet set. Un Guy Roux aux commandes pourrait donner cette orientation à une équipe dont le melon est aussi enflé que les chevilles. Au lieu de Stages à Tignes, quelques jours à Appoigny, au club house justement, sur des matelas à même le sol, ça vous forge le mental lorsqu’il s’agit d’aller rencontrer l’équipe nationale d’Azerbaïdjan. Et question terrain les champs de patates n’auront plus de secrets pour des joueurs habitués aux billards et autres tables de poker.

Mais le bon Guy a fait son temps. L’expérience lensoise a tourné court, comme une montée de Pedretti, et l’homme de Citroën et des poulets siglés Bourgoin ne postule plus qu’à prendre ses gouttes tranquillement sans avoir la pression lui faisant faire des erreurs de dosage.

Coach Vahid

La FFF a déjà fait appel à un sélectionneur étranger. Stefan Kovacs a dirigé les tricolores durant deux ans. Les graines qu’il a semées ont été récoltées par son successeur qui avait su à son tour faire fructifier l’héritage comme un bon paysan cauchois du siècle dernier. La venue de Vahid Halilodzic pourrait apporter un peu d’humanité dans un monde de brutes. Certes, brutalement, mais négatif x négatif = positif. Au moins coach Vahid dit ce qu’il pense alors que Domenech ne pense même pas à ce qu’il dit. Au lieu de la petite larme un peu surfaite comme me disait ma concierge à l’occasion de l’éjection, pardon du départ, des 7 trentièmes d’avant l’Euro.

Avec Vahid on l’aurait eu sûrement moins hypocrite et la présumée existante séance d’adieu aurait pu être plus vivante… Mais Coach Vahid a trouvé un job au pays de Gbagbo et de Tiken Jah Fakoly, dont le boulot est justement de faire le lien entre le nord et le sud du pays d’Alpha « béta » Blondy.

Le sorcier sedano-yaoundais

Ce n’est pas parce qu’il a des dreadlocks qu’il joue du bon et vrai reggae, mais côté sportif, il a déjà fait remporter la coupe du monde à la France. En tennis, certes, mais côté masculin et féminin. Mais son père était footballeur pro à Sedan et le grand Yannick joue au Variéty Club. Véritable humaniste et humanitaire, le cœur à gauche, et gauche tendance pétard, Noah pourrait apporter une touche « cool » au poste de sélectionneur.

Lorsqu’on voit le gâchis causé par un apparatchik de la DTN, on se dit qu’un non véritable homme du sérail pourrait ne pas faire pire. Les déplacements à travers l’Europe se feraient dans son bus de tournée et remettrait les pieds sur terre à nos millionnaires en shorts.

On prend le même et…

Raymond ne cache pas qu’il voudrait se succéder lui-même ou en d’autres termes être confirmé dans ses fonctions. Le premier Raymond, avant le retour de Zorro en sauveur puis pourfendeur de Matterrazzi, celui qui voulait bâtir une équipe avec des jeunes et qui répondait à peu près encore aux questions des journalistes en parlant théâtre et astrologie semblait plus humain que le Raymond Denis après ses cours de communication offerts par SFR.

Comme le propose Vikaash Dhorasoo, une bonne thérapie, un bon mea culpa et c’est reparti pour un tour. Les grincheux qui comme nous veulent éviter le système Deschamps sont prêt à accepter d’envoyer Blu-Ray au purgatoire. Ah les belles soirées de match aux îles Féroé, à Belgrade, à Vilnius ou encore à Bucarest ! Le chemin vers l’Afrique du Sud est encore long et passe par ces belles villes au football parfois rugueux.

Retour vers le futur

Ce qu’il faudrait à l’équipe de France, c’est quelqu’un d’expérimenté sur le plan sportif mais humaniste véritable et ayant fait ses preuves. Michel Hidalgo pourrait revenir sauver non pas le soldat Brian, mais les Bleus. Lui seul pourrait leur insuffler un supplément d’âme en résistant aux pressions en en leur ouvrant les yeux sur la vie pour à leur tour en insuffler un peu dans leur jeu.

Les campagnes hidalguesques de 1982 et 1984 ont fait rêver mais aussi toucher de la mâchoire la brutalité du monde aussi dur qu’un quelconque Schuhmacher dans la face de Battiston. La France a commencé à s’ouvrir au monde du foot où elle était le David qui faisait trembler les golliaths. Henri Michel en récoltera les fruits en se payant l’Italie puis le Brésil, dans le plus beau match de coupe du monde, en tous cas joué à Guadalajara.

Mais pour en revenir à Michel, Hidalgo, pas Henri, pourquoi ne pas proposer cette candidature au comité central de la FFF, au politburo de la DTN ?

Jah.

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