samedi 28 juin 2008

Blu-Ray en Haute Fidélité



Bon, certains diront que je suis en train de hurler avec les loups à la suite de l’élimination de l’équipe de France de foot dans l’Euro 2008. Certes, on peut l’affirmer. Pourtant, au-delà des choix humains ou tactiques de Blu-Ray, c’est une gestion assez particulière qui nous a été « offerte » par Raymond la Science ces dernières années…



Flux tendus


Domenech, l’ancien boucher à la moustache zapatiste des surfaces de réparation (sic) de la première division dans les (pas-si-glorieuses-que-çà) seventies, est donc nommé « coach » (ou sélectionneur si on est un peu nostalgique) du onze français. L’astrologue amateur a géré un héritage lourd à porter, les victoires françaises en 1998 et 2000 malgré les passages plus ou moins express de Roger Lemerre (l’homme à l’inamovible survet’) et d’André Santini après Aimé Jacquet.


La constance de Domenech peut être considérée comme une qualité ou un défaut. Néanmoins, culture du secret dans un environnement ultra luxueux, composition de l’équipe oscillant entre tradition et chamboulement, déclarations à l’emporte-pièce, élimination de joueurs reconnus de l’effectif, et annonces de dernière minute… On peut avoir le sentiment que Ray ne savait pas toujours ce qu’il allait faire dans le fameux « prochain match ». Mais les joueurs, régulièrement mis en compétition (sauf pour les titulaires… de passe-droits) n’ont pu sur la longueur bâtir une véritable équipe en quatre ans et deux compétitions majeures.


Le postulat sur lequel a été bâti la liste des 23 de la dérouste (non, il n’y a pas de faute de frappe, c’est un néologisme, mélange de rouste et de déroute) hélvéto-autrichienne, à savoir tous les postes doublés (sauf gardien, avec trois joueurs) et des joueurs mis en concurrence, n’ont certainement pas du ou pu donner un véritable sens à l’appartenance à un collectif. Malgré les déclarations d’intentions aux forts relents publicitaires et exploités par l’équipementier aux trois bandes, « vivre ensemble et mourir ensemble », on a bien senti les tensions entres sélectionnés et non sélectionnés ou encore, et c’est plus grave, entre sélectionnés et sélectionnés.

Bref, un effectif tendu à flux non moins tendu…


Un SMS sinon rien !


Lors de la coupe du monde 2006, Coach Ray délivrait ses états d’âme par l’intermédiaire de l’opérateur de téléphonie SFR et de ses services divers. Mélange des genres pour un employé de la FFF ? On ne savait plus très bien alors qui était son employeur. Il est vrai que le Président de la République a voulu élever le credo « travailler plus pour gagner plus » au rang de devise nationale et sans jeu de mots.

Toujours est-il que sa demande en mariage à une présentatrice de la chaîne sur lequel était diffusé le dernier et ultime match des Bleus de cet Euro 2008 a pu sembler 1) incongrue 2) obscène 3) ………….. (Mettez-y ce que vous voulez).

Quelqu’un aurait pu conseiller le futur ex-sélectionneur au sujet de cette communication de type privé. Un SMS à sa compagne aurait été vraisemblablement plus adéquat (ou approprié si on est de tendance atlantiste) que cette déclaration qui s’est immiscée dans tous les foyers de France encore branchée sur M6 après la catastrophe nationale. Bien. Mais Domenech aurait-il voulu suivre l’exemple de Nicolas S (de Neuilly/Seine) qui gère vie privée et vie publique devant les mêmes caméras et derrière les mêmes micros ?

Bad news from the stars

A l’instar de la victoire PS aux dernières municipales ajoutée à la « bonne prestation » de l’équipe de Hollande (François) lors du match retour des législatives (le second tour), la FFF et l’encadrement de la sélection nationale ont-ils pris réellement la mesure d’un malaise sauvé par la participation somme toute inattendue à la finale de la coupe du monde 2006 ? Le staff estampillé FFF n’a-t-il rien vu ?

Dans le même ordre d’idée, la presse, prompte à encenser et à brûler dans un bel élan versatile, n’a-t-elle pas surestimée les joueurs français plus souvent remplaçant s que titulaires dans les grands clubs européens qui les emploient ? Car l’argent facile amène assez souvent nos jeunes pousses et nos vieilles gloires dans les clubs du G14 (ou 28 ?) chers à JM Aulas à devenir des cireurs de bancs professionnels (gageons que les fonds de leurs pantalons de survêt sont doublés…). Donc moins de temps de jeu, des complexes d’infériorité par rapport à d’autres joueurs, et un goût du luxe peut-être incompatible avec la compétition footballistique…

The Wooden Tongue (ou « Du bois dont on fait les langues »)

Pas d’échec, mais de la déception selon le même Raymond la Science qui affirmait avant l’Euro que le but était de le gagner et après l’élimination qu’il s’est mal exprimé et qu’en fait il avait voulu dire que le but était de préparer la coupe du monde 2010 (pour rappel, en Afrique du Sud)...
Car Raymond n’assume rien, si ce n’est les pirouettes communicationnelles qui brouillent l’écoute (et également l’inverse contrepété) des amateurs de foot et des supporters des Bleus. L’homme qui réussit à répondre en commençant ses phrases par oui quand il pense non et par non quand il pense oui, n’aura brillé que dans le conflit avec les journalistes en ressortant une langue de bois telle qu’elle aurait pu faire palir, donc rosir, le Georges Marchais qui défendait le bilan soviétique, globalement positif, de l’URSS de la fin des seventies…

Mais pour Blu-Ray, tout n’est pas globalement négatif. La virtuosité dont il a fait preuve dans le maniement d’une langue en chêne centenaire pourra toujours l’aider à retrouver un boulot.

Comme commentateur sur M6 ? Au gouvernement à la place de Laporte ?

Jah

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