vendredi 4 juillet 2008

Raymond émerveille

Ainsi donc le comité central de la FFF a tranché, après Domenech 1 ce sera Domenech 2. Sévèrement burné, le choix ? Non, sévèrement cadré. Car Blu-Ray ne s’occupera plus que d’une chose, devenue parfois accessoire dans le foot actuel : le terrain, rien que le terrain…

Avec un score à la soviétique, Jean-Pierre Escalope, pardon Escalettes, a réussi à maintenir son poulain à la tête de la sélection. Bon, coach Raymond devra faire de gros efforts pour rester dans son rôle, mieux répondre aux questions des journalistes, choisir un peu plus soigneusement son canal de diffusion et mettre un peu d’eau dans son vin, soit un peu plus de modestie dans ses interventions parfois galactiques (on parle ici d’espace intersidéral voire intersidérant et pas du Real d’il y a quelques années).

Il y a une bonne nouvelle tout de même, on échappe à Dédé Deschamps, à sa cohorte de préparateurs et parieurs italiens et au lobbying Danonesque des anciens de 98. Même si crampon sur la semelle ou cherry sur le cake, la FFF économise un petit (si on est riche) ou un gros (si on ne l’est pas) million d’euros. Ca en aurait représenté quelques unes de cotisations de licenciés pour un seul licenciement…

Néanmoins, on se demande si le gâchis suissautrichien a vraiment été entendu par les 18+1 du comité central. Tel un groupiescule (groupuscule fait de groupies) sarkoziste, il a vu dans les derniers développements de la vie des Bleus davantage un problème de communication que de méthodes, de choix tactique ou de gestion de l’effectif. Il va falloir désenclaver l’équipe de France. Finis les palaces bunkers de la dernière rafale ? Terminés les entraînements derrière des bâches ? L’avenir nous le dira.

Enfin, l’avenir de Ray-D (prononcer ready) semble un peu plus précaire qu’auparavant et un doigt des instances dirigeantes sur le bouton du siège éjectable en cas de contre performance ne semble plus improbable voire impossible. La précarité sera-t-elle le nouveau moteur de Monsieur Denis ?

Donc, bonne chance à Raymond la Science pour pouvoir se désintoxiquer du système communicationnel laborieusement mis en place ces dernières années coincé entre ses commissaires politiques estampillés FFFPro… Enfin, peut-on considérer les futurs déplacements de Blu-Ray à Bucarest, Belgrade, Vilnius ou Tórshavn comme autant de récompense. Et Vienne ? N'est-ce pas tourner la plaie autour du couteau pour celui qui n'aura pas pu voir le Ernst Happel Stadion ? Ah, ces sadiques de la FFF !
On vous laisse avec le poisson d'avril raymondien qui en était un... mais pas là où l'on pense. Ah le coup de Veira !
UAFEP !


mardi 1 juillet 2008

Quand les Verts gagnent (gagnaient)...

1976. Le Chaudron (non, pas de Courcel...). Match retour des 1/2 finales contre Kiev. Aller, perdu 2-0. Bref, mission impossible pour les Verts stéphanois face à l'ogre ukrainien, alors meilleur onze européen de l'avis général.

Curkovic, Lopez, Janvion, Piazza, Larqué, Bathenay et l'ange vert charentais, Dominique Rocheteau (le joueur qui n'a eu que 2 cartons jaunes de sa carrière et pas de rouge, celui qui lisait Rouge et écoutait du Rock, allaient nous réserver une "sacrée soinrée" (sic), comme dit Jean-Pierre Foucault.

Toute une génération a commencé à s'intéresser au foot grâce à ces Verts. Ah, qu'elles étaient belles les victoires, presque aussi belles que la défaite de Glascow... La voie était tracée pour les tricolores (on ne les appelait pas encore les Bleus) dans l'Argentine de Videla (videz la junte !) et de 1978.

UAFEP !


Champions d'Europe de la diversité


L'histoire des noirs en équipe de France de football
envoyé par afriktv


Le championnat d’Europe de football qui s'est déroulé chez nos voisins helvètes et dans le beau pays de Jorg Haider, l’Autriche, est comme son nom l’indique réservé aux nations européennes. D'ailleurs la finale a eu lieu et l'Espagne a battu l'Allemagne. Où étaient le Cameroun, la Corée du sud, le Brésil, etc. ?

Pour autant, le football européen n’est pas unicolore. Quelques équipes des anciens empires colonialistes comptent dans leurs rangs des joueurs extra continentaux. Mais pas seulement…

Certes, l’Angleterre n’a pas réussi à se qualifier pour cette compétition. Si le pays de Shakespeare, d’Elisabeth II et des Monty Pythons posséda autrefois un empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais, le soleil s’est couché cette fois sur l’empire footballistique des angliches. Nous serons donc privés de joueurs originaires des West Indies ou de la Gold Coast… La Belgique, outre ses Wallons, immigrés de l’intérieur s’est également ouverte aux joueurs d’origine congolaise ou burundaise, mais on ne les verra pas non plus.

Au risque d’enfoncer des portes ouvertes, nul ne sera étonné de constater que certaines équipes ne possèdent pas beaucoup de joueurs extra continentaux. Ainsi, Roumanie, Russie, Tchéquie, Polonie, Autrichie, Croatie ou Grécie semblent réfractaires à une ouverture à la diversité. Bien sûr, on pourra me rétorquer à juste titre d’ailleurs, que certains de ces pays sont restés enclavés derrière un rideau de fer durant quelques décennies. Pourtant, l’URSS avait quelques pays frères comme Cuba, l’Angola ou le Mozambique, voire l’Ethiopie de Mengistu, ainsi qu’une université à Moscou au nom prometteur d’Université Patrice Lumumba…

On remarquera également que la plupart de ces pays ont pu manifester récemment une certaine réserve vis-à-vis des allochtones, de Jirinovski en Russie à Haider en Autriche, des jumeaux Kaczinski en Pologne au nationaliste croate Franjo Tudjman, sans oublier l’Italie est ses néo fascistes, parfois plus fascistes que néo… Pourtant, cela ne suffit pas à expliquer le problème, la France, de Le Pen à Hortefeux ou les Pays Bas et la frange (voire la fange) populiste de Pim Fortuyn, étant de parfaits contre-exemples…

On remarquera également que quelques pays ont su s’ouvrir à la diversité sans posséder d’empire. Ainsi, la Turquie, la Suède, l’Allemagne, ont-ils timidement certes, mais il faut un début à tout, ouvert les rangs de leur équipe nationale à des joueurs d’origine africaine ou brésilienne. Car il est plus facile de se faire naturaliser européen lorsqu’on est un joueur brésilien de haut niveau qu’un balayeur, même de haut niveau. Le Turc Mehmet Aurélio, comme son ancien compatriote devenu tunisien Santos connaissent la filière.

Alors, quelles équipes restent dans notre carré final de la diversité ? Le Portugal, les Pays-Bas, la Suisse et, ce n’est un secret pour personne, et surtout pas pour l’inénarrable Georges Frêche et l’inimitable Finkelkraut, la France. La Suisse n’ayant pas eu d’empire colonial mais dont les banques ont la haute main sur les comptes bancaires de quelques dirigeants dont nous tairons les noms pour ne pas nuire à messieurs Bongo, Sassou Nguesso, Biya et quelques autres, étant un cas à part, nous nous focaliserons sur les trois nations restantes.

Les Pays-Bas, depuis la génération dorée de 1988 avec notamment Gullit et Rijkaard, se sont rappelés qu’ils avaient quelques possessions outre-mer, des Antilles néerlandaises au Surinam. Mais, ce n’est pas tout, l’intégration, si j’ose dire, dans le 11 orange de joueurs du Maghreb comme Khalid Boulahrouz, reflète quelque peu la diversité d’une société diverse.

Pour le Portugal qui ne s’est toujours pas remis de la classe et des exploits de sa perle Eusebio, l’ex empire reste un réservoir de joueurs, du Brésil (Pepe et Déco) à l’Angola (Bosingwa).

Mais, malgré leurs efforts, ces deux équipes, n’arrive pas au bas du protège tibia (pardon, à la cheville) de l’équipe de France, véritable nation arc en ciel qui nous offre (c’est gratuit, alors prenons) un nuancier teinté de mélanine offrant toute la gamme sur la palette de la diversité. Fruit d’une longue histoire qui permit dans un autre domaine à des colonisés de devenir ministres français avant les soi-disant indépendances, qui se souvient aujourd’hui de Raoul Diagne, sénégalo-guyanais, qui entra dans le 11 tricolore en 1931 en même temps que… son père Blaise au gouvernement ? Raoul Diagne fut même le premier capitaine noir de l’équipe de France… en 1941.

Alors, sur le plan de la diversité et nonobstant l’aspect sportif, les Bleus, dans leur histoire, avec Raoul Diagne, Larbi Ben Barek, Lucien Cossou, Marius Trésor, Jean-Pierre Adams, Jacques Zimako et bien d’autres, ont été les artisans de l’ouverture, et les grands frères si chers à Rachida Dati de nos actuels Benzema, Mandanda ou Gomis.

Le mot de la fin à l’essentiel Aimé Césaire : « Pourquoi certains ont-ils dit qu’il y avait trop de joueurs noirs en France ? Mais parce qu’il y a trop de blancs racistes. »

CQFD, messieurs Frêche et Finkelkraut…