mardi 1 juillet 2008

Champions d'Europe de la diversité


L'histoire des noirs en équipe de France de football
envoyé par afriktv


Le championnat d’Europe de football qui s'est déroulé chez nos voisins helvètes et dans le beau pays de Jorg Haider, l’Autriche, est comme son nom l’indique réservé aux nations européennes. D'ailleurs la finale a eu lieu et l'Espagne a battu l'Allemagne. Où étaient le Cameroun, la Corée du sud, le Brésil, etc. ?

Pour autant, le football européen n’est pas unicolore. Quelques équipes des anciens empires colonialistes comptent dans leurs rangs des joueurs extra continentaux. Mais pas seulement…

Certes, l’Angleterre n’a pas réussi à se qualifier pour cette compétition. Si le pays de Shakespeare, d’Elisabeth II et des Monty Pythons posséda autrefois un empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais, le soleil s’est couché cette fois sur l’empire footballistique des angliches. Nous serons donc privés de joueurs originaires des West Indies ou de la Gold Coast… La Belgique, outre ses Wallons, immigrés de l’intérieur s’est également ouverte aux joueurs d’origine congolaise ou burundaise, mais on ne les verra pas non plus.

Au risque d’enfoncer des portes ouvertes, nul ne sera étonné de constater que certaines équipes ne possèdent pas beaucoup de joueurs extra continentaux. Ainsi, Roumanie, Russie, Tchéquie, Polonie, Autrichie, Croatie ou Grécie semblent réfractaires à une ouverture à la diversité. Bien sûr, on pourra me rétorquer à juste titre d’ailleurs, que certains de ces pays sont restés enclavés derrière un rideau de fer durant quelques décennies. Pourtant, l’URSS avait quelques pays frères comme Cuba, l’Angola ou le Mozambique, voire l’Ethiopie de Mengistu, ainsi qu’une université à Moscou au nom prometteur d’Université Patrice Lumumba…

On remarquera également que la plupart de ces pays ont pu manifester récemment une certaine réserve vis-à-vis des allochtones, de Jirinovski en Russie à Haider en Autriche, des jumeaux Kaczinski en Pologne au nationaliste croate Franjo Tudjman, sans oublier l’Italie est ses néo fascistes, parfois plus fascistes que néo… Pourtant, cela ne suffit pas à expliquer le problème, la France, de Le Pen à Hortefeux ou les Pays Bas et la frange (voire la fange) populiste de Pim Fortuyn, étant de parfaits contre-exemples…

On remarquera également que quelques pays ont su s’ouvrir à la diversité sans posséder d’empire. Ainsi, la Turquie, la Suède, l’Allemagne, ont-ils timidement certes, mais il faut un début à tout, ouvert les rangs de leur équipe nationale à des joueurs d’origine africaine ou brésilienne. Car il est plus facile de se faire naturaliser européen lorsqu’on est un joueur brésilien de haut niveau qu’un balayeur, même de haut niveau. Le Turc Mehmet Aurélio, comme son ancien compatriote devenu tunisien Santos connaissent la filière.

Alors, quelles équipes restent dans notre carré final de la diversité ? Le Portugal, les Pays-Bas, la Suisse et, ce n’est un secret pour personne, et surtout pas pour l’inénarrable Georges Frêche et l’inimitable Finkelkraut, la France. La Suisse n’ayant pas eu d’empire colonial mais dont les banques ont la haute main sur les comptes bancaires de quelques dirigeants dont nous tairons les noms pour ne pas nuire à messieurs Bongo, Sassou Nguesso, Biya et quelques autres, étant un cas à part, nous nous focaliserons sur les trois nations restantes.

Les Pays-Bas, depuis la génération dorée de 1988 avec notamment Gullit et Rijkaard, se sont rappelés qu’ils avaient quelques possessions outre-mer, des Antilles néerlandaises au Surinam. Mais, ce n’est pas tout, l’intégration, si j’ose dire, dans le 11 orange de joueurs du Maghreb comme Khalid Boulahrouz, reflète quelque peu la diversité d’une société diverse.

Pour le Portugal qui ne s’est toujours pas remis de la classe et des exploits de sa perle Eusebio, l’ex empire reste un réservoir de joueurs, du Brésil (Pepe et Déco) à l’Angola (Bosingwa).

Mais, malgré leurs efforts, ces deux équipes, n’arrive pas au bas du protège tibia (pardon, à la cheville) de l’équipe de France, véritable nation arc en ciel qui nous offre (c’est gratuit, alors prenons) un nuancier teinté de mélanine offrant toute la gamme sur la palette de la diversité. Fruit d’une longue histoire qui permit dans un autre domaine à des colonisés de devenir ministres français avant les soi-disant indépendances, qui se souvient aujourd’hui de Raoul Diagne, sénégalo-guyanais, qui entra dans le 11 tricolore en 1931 en même temps que… son père Blaise au gouvernement ? Raoul Diagne fut même le premier capitaine noir de l’équipe de France… en 1941.

Alors, sur le plan de la diversité et nonobstant l’aspect sportif, les Bleus, dans leur histoire, avec Raoul Diagne, Larbi Ben Barek, Lucien Cossou, Marius Trésor, Jean-Pierre Adams, Jacques Zimako et bien d’autres, ont été les artisans de l’ouverture, et les grands frères si chers à Rachida Dati de nos actuels Benzema, Mandanda ou Gomis.

Le mot de la fin à l’essentiel Aimé Césaire : « Pourquoi certains ont-ils dit qu’il y avait trop de joueurs noirs en France ? Mais parce qu’il y a trop de blancs racistes. »

CQFD, messieurs Frêche et Finkelkraut…

Aucun commentaire: